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Crockett & Jones

Le souci du détail…

Nigel Cleaver – Universitaire, rédacteur indépendant, star d’Instagram et client. A travers son expérience chez Crockett & Jones, Nigel se remémore l’origine de sa fascination pour les souliers depuis son plus jeune âge et la partage à l’occasion d’une rencontre avec Mark Hill.

Le souci du détail…

Il y a longtemps, très longtemps, je me retrouvai fasciné par les souliers. Certains souvenirs sont plus vivaces que d’autres…

Je suis un anglais – et fier de l’être – inspiré à vie par son père et son grand-père. Papa était un artisan extrêmement doué qui adorait se salir les mains à fabriquer des escaliers à spirale complexes, des armoires ornementées et toutes sortes de mobilier sur mesure. En s’attachant aux moindres détails, selon les standards imposés par son père, mon grand-père. Fred était ingénieur en chef chez Rolls-Royce et construisait des moteurs pour les avions de chasse de la RAF dans les années 40. Mon grand-père travaillait en costume cravate, sortait en costume cravate, et le dimanche, se reposait en lisant les journaux … en cravate ! La barre était haute pour moi, en termes d’intégrité, de passion, et d’engagement.
Je me souviens clairement des sages recommandations inculquées par mon grand-père ‘’prête attention aux détails, mon garçon’’ et ‘’tu peux toujours juger un homme à ses chaussures et à sa montre’’. Certains mots vous collent à la peau. Après tout, nous sommes le pur produit de notre environnement.

Quelques bribes de souvenirs à présent : Vers 10 ou 11 ans, je me revois quittant furtivement la maison pour l’école, avec mes souliers du dimanche dissimulés dans mon sac, pour pouvoir les enfiler à peine tourné le coin de la rue.

C’était tellement mieux de porter mes élégants souliers noirs, plutôt que les solides et rigides chaussures achetées au moins une taille trop grande pour ‘’grandir dedans’’ !

Puis me voici à 16 ans, alors qu’une paire de mocassins constituait le must du look de l’époque. Mon budget était serré, et donc un peu de créativité requise. Un Penny Loafer sans pampilles (Comme les choses changent !) représentait le Graal, bien qu’introuvables en soldes. Une glorieuse paire de mocassins frangés en ‘’offre spéciale’’ fit donc l’affaire. Que n’aurais-je pas fait ! A coups de ciseaux de cuisine, les franges se trouvèrent sauvagement attaquées et me voici de sortie nocturne, arpentant fièrement les rues vers le bistrot local pour commander une bière sans alcool. Imaginez ma consternation en sentant le revers devenu trop court pour être retenu par la bride, ballotter sur mon pied ! Ce fut une longue nuit de torture morale ! Heureusement, le tube de colle vint à ma rescousse et les souliers finirent, littéralement, usés jusqu’à la corde. Que de souvenirs !

Je garde d’autres souvenirs en réserve pour plus tard et me hâte vers ma première visite au ‘’Row’’ : ’’Colmore Row’’, Birmingham, Angleterre. A cette époque, j’avais déjà acquis deux ou trois paires de Crockett & Jones dans une boutique locale assez chic nommée ‘’His and Hers’’. Je me souviens parfaitement d’une paire de Chukka Snuff (doublées !) et d’un Derby (gris foncé !) et j’en voulais … plus. Je partis donc vers l’antre sacré de Crockett & Jones.

J’étais un peu intimidé à l’approche de la boutique, parée de vert et d’or, et sa spectaculaire vitrine, perche tendue pour de négligeants allers-retours d’observation, le temps de rassembler mon courage et de pousser la porte. Bien inutilement d’ailleurs, puisque je fus chaleureusement accueilli par Jo, Linda et Mark.

Mark, devenu Retail Manager, doit à présent assumer une part de responsabilité dans le cours de mes exploits en matière de souliers et de bottines. Bien que j’aie rarement besoin d’encouragements, il a, probablement involontairement, semé quelques graines dans cette histoire. Ce jour-là, j’ai acheté une paire de Dartmouth. J’avais adoré leur forme et elle m’allait parfaitement. Le voilà donc parti sur le sujet des formes de montage, et j’écoutais consciencieusement : un nouveau chapitre s’ouvrait à moi. En me présentant une forme, il prit le temps d’épousseter délicatement le soulier à l’aide de sa pochette (de chez Turnbull & Asser), avant de le replacer d’un élégant geste glissé sur son support, tout en me vantant les mérites des forums de Style. Une autre graine de plantée…

Je retourne souvent voir l’équipe sympathique de Colmore Row. J’y ai acheté ces Dartmouth en veau velours, des Hallam, des Chelsea entre autres, ainsi que quelques paires pour mon épouse, et une paire de Barstow. Détail amusant : Mike en portait aussi lors de cette première visite. Elles sont encore toutes chez moi, ainsi que les suivantes. Elles sont entretenues avec amour à l’usine de Northampton, dont je suis un visiteur régulier et ou je retrouve de vieux amis, et de nouveaux.

Je ne savais pas que les souliers noirs et brillants emportés ‘’en douce’’ de la maison dans mon enfance allaient me conduire inexorablement vers ma collection de chaussures et de bottines, une quête sans fin. Ni que d’être contraint à porter des cravates à élastique, jeune homme, m’amèrerait vers une fascination sans fin pour les tailleurs anglais et italiens, les cravates, chemises, pochettes, bracelets de montres, et même… les chaussettes sur mesure. Après tout: ‘’prête attention aux details, mon garçon’’!

Produits présentés

Words by

Nigel Cleaver

Nigel Cleaver

Academic, Freelance Writer, Customer & @ignoreatyourperil

Nigel (or Cleav as he is known to many), is an academic and experienced father of the world. Fascinated by menswear and the nuances that surround this fine topic, particularly Crockett & Jones, Nigel’s journey began with an innocent meeting with one of our own Mark Hill, Manager of Crockett & Jones Birmingham. Their shared passion helped light a fire that resulted in Nigel becoming a forerunner on the highly regarded StyleForum as well as an Instagram sensation of a totally organic nature. Another with exceptional C&J experience, Nigel will be our ‘Customer Authority’, discussing those interesting and probing questions that are in the minds of many.

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